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Quel impact la hausse des prix du pétrole aura-t-elle sur la transition énergétique ?

La hausse de la demande et la pénurie de l'offre ont fait grimper les prix du pétrole à près de 100 dollars le baril
REUTERS/CHRISTOPHER PIKE – ADNOC

REUTERS/CHRISTOPHER PIKE  -   ADNOC

Dans un contexte de hausse de la demande mondiale et d'inquiétudes concernant les principaux approvisionnements, les prix mondiaux du pétrole s'approchent des 100 dollars le baril pour la première fois depuis 2014. Mais avec la hausse des prix, qu'est-ce que cela signifie pour la transition vers les énergies renouvelables, notamment dans les pays du Golfe ?

Après avoir ouvert l'année à environ 78 dollars le baril, les prix du pétrole brut Brent ont fortement augmenté au cours des six premières semaines de 2022 pour dépasser 94 dollars le 14 février, le prix le plus élevé depuis plus de sept ans.

Stimulée principalement par des pénuries d'approvisionnement et une récente poussée de la demande mondiale après le confinement, cette hausse couronne une reprise spectaculaire des prix, qui étaient tombés en dessous de 20 dollars le baril en avril 2020.

REUTERS/MAXIM SHEMETOV  -   Instalación petrolera de Saudi Aramco en Abqaiq (Arabia Saudí) el 12 de octubre de 2019
REUTERS/MAXIM SHEMETOV - Installation pétrolière de Saudi Aramco à Abqaiq, en Arabie saoudite, le 12 octobre 2019.

Compte tenu de la faiblesse des prix du pétrole au cours des deux dernières années, la récente augmentation a suscité un débat sur les implications pour les investissements dans les énergies renouvelables, en particulier pour les pays exportateurs de pétrole du Golfe.

Bien que les investissements dans le secteur du pétrole et du gaz aient chuté d'environ 30 % depuis le début de la pandémie, certains signes indiquent que la hausse de la demande et des prix pourrait inverser cette tendance. Carbon Tracker, un groupe de réflexion basé à Londres et axé sur le changement climatique, a noté le mois dernier que la hausse des prix du pétrole pourrait encourager les entreprises énergétiques à investir dans de nouveaux projets d'exploration et de production.

En effet, le 1er février, le géant de l'énergie ExxonMobil a annoncé une augmentation de 45 % de son budget pour le forage et d'autres activités cette année, tandis qu'un jour plus tard, les membres de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole et d'autres grandes nations productrices de pétrole - une alliance connue sous le nom d'OPEP+ - ont convenu d'atteindre leur objectif précédemment prévu d'augmenter la production de pétrole de 400 000 barils par jour.

PHOTO/AFP - El Parque Solar Mohammed bin Rashid al-Maktoum, la planta fotovoltaica de Dubái
PHOTO/AFP - Le parc solaire Mohammed bin Rashid al-Maktoum, la centrale photovoltaïque de Dubaï.

Dans le même temps, on craint que la hausse des prix du pétrole ne stimule la consommation de charbon, qui a atteint un niveau record en 2021 et est en passe d'atteindre des niveaux encore plus élevés cette année, selon l'Agence internationale de l'énergie.

Outre la baisse de son prix, l'utilisation du charbon est stimulée par la hausse de la demande d'énergie, notamment en Chine et en Inde, et par l'insuffisance des investissements dans les énergies renouvelables.

Une bénédiction pour les énergies renouvelables ?

Si les prix élevés du pétrole sont susceptibles d'inciter à de nouveaux investissements dans des projets pétroliers et gaziers, les énergies renouvelables pourraient en fin de compte profiter de la situation actuelle.

Plutôt que de remettre directement en cause les énergies renouvelables et de ralentir la transition énergétique, de nombreux analystes du secteur de l'énergie estiment que les prix élevés actuels, et la manne financière qui en découle, pourraient inciter les gouvernements et les majors pétrolières à jouer le jeu à long terme et à augmenter encore leurs investissements dans les énergies renouvelables.

PHOTO/WAM - Planta de energía solar Abu Dabi
PHOTO/WAM - Centrale solaire d'Abu Dhabi

Par exemple, en septembre de l'année dernière, le géant français de l'énergie Total a déclaré qu'il profiterait des prix élevés du pétrole pour racheter des actions pour un montant de 1,5 milliard de dollars afin de stimuler les investissements dans les énergies renouvelables. Au début du mois, BP, qui a annoncé son bénéfice annuel le plus élevé depuis huit ans, soit 12,8 milliards de dollars, a déclaré qu'il augmenterait ses dépenses en énergies à faible émission de carbone pour atteindre 40 % de ses dépenses totales d'ici 2025 et 50 % d'ici 2030.

Le Golfe va de l'avant avec les énergies renouvelables

Le Golfe est un excellent exemple de région productrice de pétrole qui a récemment réaffirmé son engagement en faveur des énergies renouvelables.

En effet, de nombreux pays du Moyen-Orient ont identifié le développement des énergies renouvelables comme un élément clé de leurs plans de diversification économique à long terme.

Par exemple, l'Arabie saoudite vise à produire 50 % de son électricité à partir de sources renouvelables d'ici à 2030 et s'est fixé comme objectif de parvenir à un taux net zéro d'ici à 2060.

PHOTO AFP - El Parque Solar Mohammed bin Rashid al-Maktoum, en Dubái, tendrá una capacidad de 5 GW cuando se finalice
PHOTO AFP - Le parc solaire Mohammed bin Rashid al-Maktoum à Dubaï aura une capacité de 5 GW une fois achevé.

Pour atteindre ces objectifs, le gouvernement a annoncé en décembre qu'il investirait 380 milliards de SR (101,3 milliards de dollars) dans la production d'énergie renouvelable d'ici à la fin de la décennie, tandis qu'en avril de l'année dernière, il a inauguré la centrale solaire de Sakaka, le premier projet d'énergie renouvelable à l'échelle du pays.

Entre-temps, en octobre, les Émirats arabes unis se sont engagés à investir 600 milliards de Dh (163,4 milliards de dollars) dans les énergies renouvelables d'ici 2050, date à laquelle ils espèrent parvenir à des émissions nettes nulles.

Cette annonce intervient quelques semaines seulement après l'inauguration de la première phase du parc solaire Mohammed bin Rashid al-Maktoum à Dubaï. Le parc devrait avoir une capacité de 5 GW d'ici 2030.

Ailleurs dans la région, fin janvier, le Sultanat d'Oman a inauguré le champ solaire Ibri 2 de 500 MW, le plus grand projet d'énergie renouvelable à grande échelle du pays, tandis que le Qatar, l'un des plus grands exportateurs de gaz naturel au monde, a également renforcé son intérêt pour les énergies renouvelables.

PHOTO AFP/ KARIM SAHIB - La ciudad de Masdar, en Abu Dabi, alberga la Agencia Internacional de la Asociación de Energías Renovables (IRENA).
PHOTO AFP/ KARIM SAHIB - Masdar City, à Abu Dhabi, abrite l'Agence internationale de l'association pour les énergies renouvelables (IRENA).

En octobre de l'année dernière, Qatar Petroleum, la compagnie nationale d'énergie, a changé de nom pour devenir Qatar Energy, afin de mieux refléter sa stratégie axée sur les énergies renouvelables.

Les principaux projets comprennent la centrale solaire de 800 MW d'Al-Kharsaah, située à environ 80 km à l'ouest de la capitale Doha.

Une fois entièrement achevé, le projet sera le plus grand développement d'énergie renouvelable du pays. Son ouverture est prévue pour le premier semestre de cette année.

Bien qu'il y ait un certain scepticisme quant à la part exacte de la manne financière associée aux prix élevés du pétrole qui sera consacrée à la transition énergétique, et quant à la possibilité de réaliser les ambitions de zéro net si les fonds continuent à être canalisés vers de nouveaux projets d'exploration et de production, il est clair que les énergies renouvelables jouent un rôle de plus en plus important dans les plans énergétiques à long terme des entreprises et des gouvernements.